19
septembre
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Sylvain Forte, récemment diplômé en génie mécanique s’illustre par un profil atypique. Cet étudiant recruté en 1ère année à l’INSA a eu plusieurs casquettes : étudiant, entrepreneur et double-diplômé de l’INSA de Strasbourg et de la Hochschule de Karlsruhe !

Bonjour Sylvain, pour commencer peux-tu un peu nous décrire ton parcours pendant tes années d’étude ?

J’ai commencé à étudier à l’INSA de Strasbourg en section DeutschInsa franco-allemande dès la sortie du Lycée. C’était l’une des seules solutions en France pour poursuivre un parcours bilingue (commencé dès la maternelle) tout en entrant en école d’ingénieur. J’ai poursuivi mes études à l’INSA en entrant en section Génie Mécanique puis ai terminé mon cursus en double-diplôme avec la Hochschule Karlsruhe en Allemagne. Au-delà des études, l’INSA m’a permis de prendre des engagements associatifs très enrichissants, en particulier en tant que Président de la Junior-Entreprise « Alsace Etudes Projets ».

Un double-diplôme franco-allemand : comment s’est monté ce projet et quelles ont été les répercussions sur ta formation ?

Ce double-diplôme était dans la continuité de mes études franco-allemandes. J’ai demandé à partir en 5ième année d’INSA pour prolonger ma formation en mécanique industrielle et production. Cela a été accepté par une université allemande où j’ai passé un an, en double encadrement par l’INSA et la Hochschule Karlsruhe. J’ai beaucoup appris des méthodes de travail allemandes et ai pu entrer en profondeur dans des sujets différents de ma formation initiale car l’enseignement laisse la place à des modules spécifiques. Nous étions nombreux de l’INSA à partir et la plupart de mes camarades ont ensuite commencé à travailler en Allemagne.

En plus d’être étudiant, tu es co-dirigeant d’une startup qui a déjà remporté plusieurs prix. Peux-tu nous en dire plus sur cette entreprise et son développement en parallèle de tes études ?

J’ai eu l’occasion de co-développer à partir de 2013 une startup appelée SESAMm, qui développe des algorithmes d’investissement fondés sur l’analyse des réseaux sociaux pour les banques et hedge funds. Ces développements font appels à des éléments d’intelligence artificielle (traitement automatique des langues, apprentissage automatique) et à des mathématiques avancées (analyse quantitative). SESAMm a remporté plusieurs concours de création d’entreprise et a levé environ 1M€ auprès d’acteurs privés et publics. Notre équipe est aujourd’hui composée de 10 personnes, dont des ingénieurs et chercheurs et dispose de bureaux à Paris, Metz et au Luxembourg.

L’équipe SESAMm

Développer ce projet durant mes études a été un réel challenge à la fois du point de vue du travail à fournir et de la crédibilité auprès de nos prospects. Expliquer à une banque que l’on est encore étudiant tout en leur proposant un produit peut s’avérer complexe … Je suis honnêtement soulagé de pouvoir à présent me consacrer pleinement à cette activité. C’était également de mon point de vue le meilleur moment pour lancer un projet de ce type car je n’avais que peu de contraintes personnelles et financières.

Tu as obtenu le statut d’étudiant-entrepreneur mis en place récemment par le ministère de l’enseignement supérieur. Pourquoi ce statut et que t’as-t-il apporté ?

Ce statut permet d’officialiser le statut d’entrepreneur vis-à-vis de l’administration de l’école et ainsi d’en tenir compte comme d’un module d’enseignement. Ainsi, les contraintes de rendez-vous, déplacements etc. peuvent être intégrées au cadre scolaire. L’apport essentiel pour moi était la possibilité de réaliser mon stage de fin d‘études directement au sein de SESAMm. Cela a posé quelques problèmes administratifs (Qui signe la convention !? Comment faire de la « mécanique » dans une startup d’intelligence artificielle ?) mais j’ai finalement pu travailler pour mon projet durant la durée du stage.

Justement, ton activité est éloignée de ton domaine de formation, que t’ont apportées tes études à l’INSA et à Karlsruhe ?

Avant tout, une bonne capacité de travail, une formation relativement généraliste permettant de manager efficacement mon équipe et un excellent associé, Florian Aubry, qui était étudiant avec moi à l’INSA de Strasbourg ! Je garde également un bon souvenir des cours d’analyse numérique qui m’ont réellement permis de développer les premiers algorithmes.

Ton projet de fin d’étude a été mené à l’INSA de Strasbourg en lien avec ton activité entrepreneuriale, et en partenariat avec la Hochschule. Comment as-tu géré toutes ces contraintes et comment ce projet s’est-il articulé avec ton entreprise ?

J’ai eu quelques difficultés à faire la part des choses entre mon travail au jour le jour dans l’entreprise qui est essentiellement celui d’un manager et le stage de fin d’études centré sur une problématique technique. Cependant, en communiquant avec mes encadrants et en travaillant régulièrement, j’ai pu présenter un projet complet à la fin du stage.

Et maintenant, diplômé et entrepreneur, comment vois-tu ton avenir ?

Au sein de SESAMm, pour longtemps je l’espère et dans le domaine de l’intelligence artificielle !

Merci Sylvain et bonne continuation dans tes projets!

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